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22 - De Leskovik à Edirne ( km 11 861 - km 12 900)

22 - De Leskovik à Edirne ( km 11 861 - km 12 900)


De Leskovik à Kavadarci

-Lui, il ne marche plus. Ses jambes l’avaient porté durant presqu’un siècle avec un dévouement aveugle. Elles s’étaient soumises à chacune de ses aspirations enthousiastes, puis, un matin, elles ne répondirent plus. Il avait beau taper de la paume sur ses cuisses, pincer la chair, rien. Toujours accrochées au corps, leurs sensibilités, leurs facultés à interagir s’en étaient mystérieusement dissipées.


Il lui était inimaginable de se retrouver alité, il avait encore faim de paysages. Ce n’était pas tant d’explorer des territoires inconnus, la seule terre à laquelle il songeait était le plateau d’Ersekë qu’il avait coutume de parcourir avec ses deux amis, Gheorghe et Mirjan.

Leur balade de fin d’après-midi, constatant comment la lande qui s’étirait de Borovë à Serenicë se couvrait du vêtement des saisons, commentant les marques du temps, layons, murets, talus, chaumines que bouleversaient chaque travaux agricoles. Le chien de Mirjan aimait accompagner les trois vieillards, lui s’enivrait de l’odeur de terre retournée, de bois taillés, de foin rassemblé.


Azim dépérissait comme une plante dépourvue d’eau et à l’écart de la lumière.

Alors ses amis conçurent une selle spécifique composée d’un seul étrier et d’un arçon à l’opposé. Une selle pour monter en amazone et la mule d’Azim, cette mule qu’il avait tant chéri, qui n’attendait même plus les ordres de son maître, anticipant attentive aux émotions du cavalier, devint ses jambes.

Ils purent continuer leurs balades, les deux camarades ne manquaient pas de railler l’amazone Azim, l’infirme devenu centaure et qui désormais les dominait d’une toise leur désignait l’horizon avec sa canne, puis racontait aux deux autres ce qu’il y voyait.


De Kavadarci à Sandanski

-Je me sens habité de tous ces paysages traversés lors de ces neuf derniers mois. Pas la mémoire vive aux contours francs, plutôt habité en profondeur.

Ersatz de souvenirs, une nuée de forme, une kyrielle de couleurs, une brassée de parfums. Tout est volubile comme si je plongeais dans une peinture de Braque où l’étrange origine des choses s’affiche avant leur apparence.

Si je me concentre sur l’un des souvenirs, par quel mystère se sépare-t-il des autres? L’esprit semble opérer une distillation pour en réaffirmer les contours.

Les mécanismes de la mémoire me fascinent, ce n’est pourtant pas faute de les malmener.


-Se sentir fragile et fort d’une conscience déchirée.


-Sandanski, un musicien de rue quitte son poste, un vieil accordéoniste s’improvise musicien de rue, s’assoit sur la chaise laissée, joue quelques morceaux, récolte plusieurs pièces qu’il offre à l’autre une fois revenu.


De Sandanski à Dobrinishte

-C’est bien souvent en sortant du fil de nos habitudes que nous nous rendons disponibles et que nous provoquons des rencontres enrichissantes.


Lorsque j’ai quitté Sandanski en direction de la chaîne montagneuse de Banderishki Chukar, je savais que la journée s’annonçait éprouvante, à la fois physiquement du fait d’un dénivelé important, et en raison d’un ciel qui menaçait de se déverser sur une terre déjà bien imbibée.

La dernière ascension fût le pont d’orgue de cette journée, le voile électrique qui enserrait le ciel se déchira par de lourds grondements et des cordes d’eaux assaillirent les flancs noirs de Bezimen. La forêt elle-même dégorgeait de l’intérieur, les terres argileuses, incapables de boire plus, déversaient des bordées d’eau brunâtre sur une chaussée convertie en torrent.

Malgré la fatigue due aux efforts d’une journée, malgré l’état de transe qu’un flot continu de roulis de moteurs avait éveillé, je m’appliquais à maintenir ma trajectoire dans le couloir mince que m’attribuait le flot de voitures et de camions.

Lamentation d’engrenages assaillant la pente, crissement des freins de ceux en sens inverse, l’air froid de fin de journée était chargé de parfums de caoutchouc et d’huile brûlé.

J’avais les vêtements alourdis d’eau, les membres assaillis par le froid qui me brûlaient particulièrement les extrémités des mains et des pieds.

J’étais proche de baisser les bras face à cette journée et de monter le campement sur la terrasse d’un restaurant désaffecté au bord de la route. Accepter l’agression lumineuse des phares et les complaintes mortifères des poids lourds, puis, pris d’un soubresaut d’effort, je profitais de quelques minutes d’accalmie pour emprunter un chemin de halage verglacé et m’éloigner de l’agitation de la route principale.


Traversée de quelques villages ternes. Les chalets, des caveaux de béton, des grottes de briques, étaient autant de silhouettes fantomatiques, vigies postées dans l’amont diaphane du crépuscule.

Des stalactites de calcaire tapissaient les parois humides de la forêt. Les hameaux lugubres semblaient plongés dans la saumure d’un arrière-hiver interminable.

Impossible de camper sur cette campagne qui, à l’exception des forts dévers, est saturée d’eau. J’ai fixé de faibles lueurs adossées aux contreforts d’un sommet comme cible, les probabilités de confort s’amenuisent. Le fanal définit un cap et je navigue dans l’obscurité sur un sol qui a perdu ses propriétés de chemin, de champs au profit d’une surface unique, une mer sombre et ruisselante.


Peu à peu le scintillement s’élargit et définit un halo de formes géométriques. Je m’approche d’un complexe hôtelier inoccupé. J’en fais le tour pour m’assurer qu’il n’est pas gardé par des chiens. La clôture est trouée à plusieurs endroits, ce qui me rassure car elles prouvent l’absence de chiens. J’entre dans le domaine et espère pouvoir mettre ma tente sur un perron ou à l’abri d’un kiosque.

En m’approchant, je fais finalement la rencontre d’un gardien que ma présence déconcerte. Je feins la naïveté et demande sur un ton léger à louer une chambre pour la nuit. À quoi il rétorque sèchement « niet, impossibeule »

Sa lampe torche m’éblouit, je sens que ça ne va pas être simple. J’essaye de le convaincre de me laisser mettre ma tente dans le parc.

« Niet, niet »

Aveuglé, je ne peux m’en remettre qu’au ton de la voix pour mesurer l’autorité du personnage. Mais il est peu loquace et me fait un signe de la main qui signifie que je dois le suivre. Avec le silence de la nuit, la scande des gouttes qui tombent lourdement des arbres, ce gigantesque hôtel échoué sur un flanc de montagne, et cet unique habitant, capitaine d’un navire naufragé, mystérieusement accroché à l’épave, je joue à me faire peur et pense à shining.

Maintenant que sa lampe éclaire le chemin que nous empruntons, je peux distinguer en contre-jour sa silhouette corpulente, la démarche me paraît placide et inconsciemment je me sens plutôt rassuré. Au moins il n’a pas de faux airs de Nicholson.


On passe devant des rangées de bungalows qui parsèment le parc.

Nous nous arrêtons à quelques blocs de là et il me désigne un bungalow. Je comprends qu’il m’autorise à dormir à l’intérieur.

« Svobodnyy... bezplatno... gratis... »

L’aménagement est rustique, de style montagnard, mais pour moi c’est le grand luxe, il y a même un radiateur où je pourrais enfin faire sécher mes chaussures.

Le gardien se présente: Blagoy Popovski - Благой Поповски


Blagoy ne parle pas un mot d’anglais, le visage rond, l’attitude débonnaire, il me fait comprendre qu’il me laisse m’installer et qu’il reviendra me chercher. Vingt minutes plus tard je suis invité par Blagoy. Il vit dans un algeco sommaire posé le temps d’un hiver entre un restaurant recouverts de lustres et la piscine de l’hôtel. L’algeco de Blagoy est d’un dépouillement affligeant au milieu des fastes endormis de l’hôtel. Un lit de camps, une télé minuscule à tube cathodique, deux fusils, une table en Formica. Sur la table, une dizaine de talkie-walkie dépecés et un bidon de 25 litres d’eau.


Il sert deux verres, on boit. Ce n’est pas de l’eau mais du rakija.

Il plaisante « vaccin bulgare »

25 litres de rakija trônent et semblent annoncer le programme de la soirée.

Le rakija, c’est l’eau-de-vie des Balkans, elle est souvent si forte que le goût est imperceptible dans la brûlure provoquée par la virulence de l’alcool.

Chacun la produit localement et elle scelle un pacte entre les cultivateurs et leur terre. La fierté de se laisser griser par elle, s’y abandonner, s’assujettir, il y’a quelque chose de sacrificiel dans le rituel du rakija.

Je repense aux moineaux de Nigde qui s’enivraient de baies et piaillaient avec fureur, les bosquets étaient comme des cages thoraciques et les oiseaux se jouaient bruyamment de ces cages ouvertes et nourricières, c’était en octobre. Je repense au bourdonnement à l’approche des albizias de Senj en juin dernier, en marchant il fallait faire attention aux abeilles saoulés de pollens, incapables malgré leur frétillement d’ailes de s’extraire du sol.


La télévision diffuse le dernier James Bond, c’est assez drôle d’entendre l’icône américaine de la guerre froide parler bulgare, langue à la consonance si proche du russe. « Menya zovut Bond, Ivan Bond. »

La communication avec Blagoy est difficile, mais plus nous buvons et plus il essaye de me parler. Il appelle à chaque fois l’une de ses filles pour me traduire ses questions. Zoya est œnologue à Londres, ça semble écrit tellement c’est harmonieux.

« Are you vegetarian? » - no

Il amène une pièce de viande énorme qu’on émince en buvant.

Il appelle de nouveau sa fille.

« More salt? »

Puis encore pour me traduire de l’excuser de s’éclipser le temps de cuire la viande.

Revient, rappelle pour me demander la cuisson.

Il est presque minuit et j’admire la patience de sa fille. Mais Blagoy est également très bienveillant avec elle et il semble y avoir de la réciprocité dans l’attention que se portent les membres de cette famille.

( aujourd’hui, 43 jours après mon passage chez eux, zoya m’a envoyé une vidéo où Blagoy parle en anglais pour me demander des nouvelles de mon voyage)


Blagoy change de chaîne et pense me faire plaisir en s’arrêtant sur la chaîne chasse et pêche, seule chaîne française doublée en bulgare.

Je lui montre les fusils adossés au lit, lui demande si il chasse. Oui. Il me fait comprendre que la viande mangée était un gibier chassé.

Les gilets oranges de nos chasseurs, les rîtes bruyants de la chasse à cour le font sourire. L’émission est l’occasion d’énumérer et d’apprendre le nom bulgare de chaque animal sauvage. Même si cet univers m’est totalement étranger, je ne peux que poursuivre l’enthousiasme de Blagoy.


Il y eut encore plusieurs appels pour des raisons tout aussi légères que les premières.


Blagoy explique qu’il y a beaucoup d’ours dans la région, il en rencontre régulièrement, mais que je ne dois pas m’inquiéter car ils dorment en cette saison.


Les verres de rakija s’enchaînent et je ne sens même plus la brûlure de l’alcool, j’ai le palais anesthésié. Blagoy me demande si je connais Napoléon.

Je souris, oui.

Il poursuit en se tapant la tempe avec l’index « Napoleon... crazy... you... two napoleon... two crazy » se tape la cuisse avec la même main et dodeline de la tête, un peu désespéré « to crazy... »

On rigole.

Il poursuit. « Napoléon voulait aller à Moscou et toi tu veux aller au Vietnam » « Napoléon était accompagné d’un million de soldat et toi tu es seul »

Je le reprends .

Nous n’avons pas les mêmes intentions Napoléon et moi. ( cette association de mots, Napoléon et moi, est tellement improbable qu’elle me fait encore rire en l’écrivant)

Enfin je lui explique que j’ai bon espoir d’être mieux reçu qu’il ne l’a été.


Peu à peu, le rakija engourdi nos pensées et il est temps que je parte me coucher.


Le lendemain matin, Blagoy m’a préparé un petit déjeuner où trône encore un verre bien plein de rakija. Je constate un peu désabusé que la jauge du bidon de 25 litres a à peine baissé.

Il appelle sa fille qui me dit que son père voudrait que je reste avec lui. J’ai du mal à refuser mais je le fais. Depuis 9 mois, j’ai côtoyé en tout 8 personnes à 3 moments différents du voyage. Autant dire que je ne me fais pas confiance et je crains de me sentir vite oppressé par la promiscuité. J’ai peur que la suite vienne ternir cette jolie rencontre et décline l’invitation.

Blagoy m’apporte une bouteille de 2 litres du fameux rakija et on se dit au revoir. Je lui ai promis qu’un jour je repasserai le voir.


De Dobrinishte à Plovdiv

-Des choux s’étendent de toutes leurs larges feuilles et inondent les champs de vaguelettes d’écailles nervurées vertes, pourpres et grises, paumes tendues à la promesse d’une averse.

Des caisses de pommes abandonnées aux pieds des arbres ont pourries, elles exhalent une odeur acide et frelatée qui prend à la gorge. Les derniers fruits de l’hiver sont abandonnés.

La Maritsar comme la plupart des cours d’eau est gonflée par la fonte des neiges, elle charrie une boue brunâtre parmi le frisottis des branches de platanes, maille de bois sur laquelle s’échouent les détritus plastiques d’une civilisation à bout de souffle.


Déjà je vois que les routes sont survolées de nuées d’insectes, en levant les yeux, j’aperçois le vol de quelques oiseaux migrateurs, les énormes nids de cigognes qui couronnent les poteaux électriques patientent. Les branches de platanes que je jette au feu ont de fins bourgeons vert clair, des bardées de petites pousses vives enveloppées de sucre.

La terre, avide d’exulter son renouveau de jouvence, s’éveille, les vignerons coupent leurs vignes et partout on sent que sous terre, un monde s’active.


-La route longe une crête et de la hauteur d’où je roule, les champs de la plaine de Thrace apparaissent dessinés à la manière des cartes de Cassini, un patchwork de figures géométriques, indifférentes les unes aux autres.

De larges cumulus se sont amalgamés ensembles, présentant un premier ciel relativement proche alors qu’un éclairage blanc, étrangement bas, s’est faufilé entre lui et nous. Un feu voilé et froid couve une fin de journée de paix et de labeurs.


L’humidité flottante de toute une journée a émoussé la nature, la plaine est envahie d’un second ciel, une mer de nuages à hauteur des genoux. Il semble que les champs fument de sueur comme le cuir d’un cheval après le galop. Ils suintent, travaillent, rutilent, exhalent. Ils sont ronds et roux, gras et riches.


Les hommes, les femmes et les enfants travaillent encore, leurs vêtements maculés de terre. Ici on taille les plants de vignes, là on ramasse les oignons, les patates et les choux. Déjà les charrues retournent la terre, creusent les sillons qu’empruntent des rangées de familles semant le grain.

Elles s’abaissent en cadence, répètent les génuflexions pour déposer précautionneusement les semences comme elles déposeraient de petites lanternes destinées à illuminer/réunir les obscures vigueurs du sous-sol.

Voici qu’à l’odeur d’alluvions se mêle celle de l’orge et du blé.


La brume épaisse enveloppe chaque scènettes où une tâche agraire est jouée, la campagne en est constellée et c’est une immense toile de Jouy qui se déroule de mes pieds jusqu’à l’horizon.

Les hameaux sont reliés d’une dentelle délicate.

Je descends et les villages traversés sont austères, de simples constructions de briques sombres recouvertes de mousse. Il y règne pourtant un sentiment de quiétude. Des échafaudages branlants occupent toute la largeur des trottoirs et présentent légumes, fruits et spiritueux. Personne pour veiller sur les victuailles, le respect du travail engagé par l’autre est le pilier d’une harmonie rurale.

À mesure que j’approche de Plovdiv, cette tranquillité s’estompe au profit d’un faste qui me met mal à l’aise. Les provisions sont exotiques, elles proviennent d’ailleurs incertains et de saisons lointaines. Ces nourritures sont détenues derrière de grandes parois vitrées, par endroits, on ne voit même plus les fruits dissimulés en second plan d’une mosaïque d’affichettes qui les nomment et les évaluent.


Le stuc fait son apparition. Sculpture raffinée de frontons, colonnades, références végétales figurées dans leur apogée. Les artifices de la ville la figent dans un printemps inépuisable.

Les parois de briques sombres sont désormais dissimulées derrière des enduits aux teintes pastels. C’est un épais glaçage qui enrobe le centre de Plovdiv comme un gâteau.


Je me faufile entre deux météores qui semblent avoir atterri là sans déflagration, posées délicatement pour ne pas perturber plus un désordre humain bien avancé.


Tout ce que je rencontre détonne. Dans le prolongement du pont habité d’échoppes où les chinoiseries s’écoulent mal, il y a la grande rue. La grande rue, c’est une cannelure meringuée de couleurs pâles, une traînée émaillée de cratères. L’un d’eux jouxte le mille feuille de gneiss et de briques de la mosquée Djumaya. Dans cet écorché de ville on peut constater parmi les alluvions de la maritsar, des granulés de vestiges, des allusions d’époques, et parmi elles, les restes d’un champs de course romain.

À Plovdiv, malgré les strates successives de pansements, on voit l’os et les tendons de la ville.


De Plovdiv à Edirne

-Voyager sans but, tomber dans les situations de la même manière qu’on est tombé dans la vie, sans le moindre à priori.

-Analogie rois mages... en suivant une comète (allégorie de l’idéologie), les hommes font l’expérience de la réalité. Cette reprise de l’évangile qui traduirait l’importance du chemin plutôt que du but pourrait déboucher sur une réflexion taoïste.


-Les visages croisés à Strumica me rappellent ceux de Gyorgy Eszter et des hommes qu’il fait danser comme des planètes dans un bistrot d’une campagne hongroise. Instant où la représentation cosmologique s’incarne dans un moment de quotidien le plus ordinaire qu’il soit. Scène d’ouverture des harmonies werckmeister. Scène d’une poésie exquise qu’il faudra développer.



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hporte44
hporte44
Mar 22, 2021

"Alors, au milieu de ce silence, sous le rayonnement du soleil qui, dès le début de l'après-midi, commençait à décliner, venaient des heures d'une vertu inespérée où la terre émettait autant de lumière que le ciel. Les rayons émanant de ces deux sources divergentes se croisaient autour de chaque objet et Simon, la tête renversée sur ses coussins, pouvait suivre sur le plafond les changements qui s'accomplissaient dans le scintillement du sol. Il croyait avoir changé le monde. Car non seulement les objets mais ses pensées même, répondant à cette exigence de lucidité qui voulait que toute ombre fut en même temps rayon, et qui faisait s'évanouir les antinomies les plus familières, s'érigeaient dans une pureté glaciale au milieu de…


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Thomas
Porte
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